Le 19 avril prochain, l’Union des industries et métiers de la métallurgie (UIMM) va élire son prochain président. – Romain BEURRIER/REA

 

L’élection du futur président de l’UIMM doit avoir lieu le 19 avril. Deux candidats très différents sont en lice. L’issue du scrutin est indécise.

Le 19 avril prochain, l’Union des industries et métiers de la métallurgie (UIMM) va élire son prochain président. Alexandre Saubot, qui a été à la tête de la Fédération depuis 2015, a annoncé il y a tout juste un mois et demi qu’il  ne briguerait pas un second mandat  afin de candidater à la présidence du Medef début juillet. Pour prendre sa place, deux candidats sont en lice. Ils sont tous les deux engagés dans l’industrie de longue date, mais pour le reste – parcours, réseaux, profil – on ne peut pas faire plus différent.

Très représentatif des adhérents

Le premier, Paul Rolland, dirige une PME de 25 salariés spécialisée dans l’usinage micromécanique. Une entreprise qu’il a créée en 1979 et qu’il va céder à ses fils dans les mois qui viennent. La société est basée dans le Rhône. Paul Rolland est d’ailleurs le président de l’UIMM Lyon depuis 2012. Cette fonction lui a donné une bonne assise dans les territoires où il est très apprécié. Un détail qui compte lorsqu’on sait que deux tiers des voix du conseil de l’UIMM (70 personnes), qui choisit le président, sont détenues par les territoires. Le tiers restant étant dévolu aux fédérations professionnelles, comme la Fim (Fédération des industries mécaniques) ou encore le Gifas (Groupement des industries aéronautiques et spatiales).

Titulaire de plusieurs CAP (fraiseur, mécanicien tourneur, rectifieur), Paul Rolland est un homme de terrain qui connaît parfaitement le tissu industriel de sa région. Ce fut un fervent soutien de Pierre Gattaz pendant sa campagne pour la présidence du Medef en 2013. Il est aussi très représentatif des adhérents de l’UIMM, dont l’écrasante majorité est composée de patrons de PME. Mais il n’a pas le profil classique des présidents de l’UIMM, plus souvent ancien haut fonctionnaire très diplômé et/ou patron de grand groupe industriel.

Proche de Saubot

C’est le cas de  Philippe Darmayan , son concurrent, qui est passé par les plus grands fleurons de l’industrie française. De Pechiney (où il a travaillé en même temps que Jean-Dominique Senard notamment) à Framatome, en passant par Arcelor, devenu ArcelorMittal dont il est le président pour la France depuis 2015. Il est membre de l’UIMM depuis 2006, président du Groupe des fédérations industrielles (GFi) depuis 2015, vice-président de France Industrie et administrateur du Conseil national de l’industrie. On ne peut pas cocher plus de cases. Il est aussi proche d’Alexandre Saubot et connaît une bonne partie des hauts responsables du Medef dont il a été président de la commission environnement de 2008 à 2013.

Elites parisiennes

Philippe Darmayan est le profil parfait pour une bonne partie du monde patronal… mais pas forcément celui qui vote au conseil de l’UIMM. Alors qu’il semble être le candidat naturel pour succéder à Alexandre Saubot, son entourage se garde de tout triomphalisme. Le monde patronal a encore en tête l’épisode de  Jean-Dominique Senard , éconduit en décembre dernier de la course à la présidence du Medef en raison de son âge, mais aussi à cause de son image de patron du CAC 40 dont le nom aurait été imposé par les élites parisiennes.

Ce scénario pourrait se reproduire à l’UIMM. Avec un effet ricochet sur le choix du prochain président du Medef en juillet. Si Philippe Darmayan n’est pas élu à la tête de l’UIMM, Alexandre Saubot a quelque souci à se faire car le soutien de son ancienne fédération ne lui sera plus assuré.

Source : Les Echos